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REVUE

« L’évolution du Jazz à travers la circulation des disques vinyles
en Région Auvergne-Rhône-Alpes.
Une fabrique de patrimoine vivant & émancipateur »

Ce rapport présente une recherche-action ambitieuse consacrée aux processus de patrimonialisation du jazz en région Auvergne-Rhône-Alpes à travers un objet central : le disque vinyle. Il articule approche scientifique, enquête de terrain et médiation culturelle pour analyser comment se fabrique un patrimoine vivant, entre sphère intime et espace public. Le vinyle y est étudié comme support d’émancipation, de mémoire et de transmission, reliant passé, présent et futur du jazz régional.

L’originalité majeure du document réside dans son architecture documentaire unique : plus de 800 liens vers des œuvres musicales, captations, labels, archives, expositions, ouvrages théoriques, articles scientifiques, plateformes spécialisées et sites de référence. Cette densité de ressources transforme le rapport en véritable base de données interactive. Il ne s’agit pas seulement d’un essai analytique, mais d’un outil navigable, permettant d’écouter, voir, lire et approfondir chaque notion évoquée.

 

Le travail repose sur des enquêtes auprès de collectionneurs, disquaires, artistes et institutions, révélant un écosystème régional riche mais fragile. Il montre comment les pratiques amateurs participent activement à la construction du patrimoine. Les expositions itinérantes, salons d’écoute et dispositifs de médiation prolongent cette réflexion sur le terrain.

A la croisée de la sociologie, de l’histoire culturelle et des sciences de l’information, le rapport pose les bases d’un futur centre de ressources dédié au jazz. Il s’impose ainsi comme un document de référence, à la fois analytique, participatif et profondément ancré dans les réalités musicales contemporaines.

Cette revue est dédiée à Jacques Panisset, qui nous a quitté au courant de l’été 2025.

Chapitre 1 – Mise en contexte du projet

Ce chapitre présente le cadre institutionnel et scientifique du projet de recherche-action porté par JAZZ(s)RA. Il interroge la patrimonialisation du jazz en Auvergne-Rhône-Alpes à travers le prisme du vinyle. En s’appuyant sur la notion de patrimoine culturel immatériel, il souligne le rôle central des amateurs et collectionneurs. La démarche articule enquête scientifique et médiation culturelle. Le territoire régional est analysé comme espace riche d’histoire jazzistique. Le vinyle devient un objet révélateur des liens entre mémoire, transmission et émancipation. Le projet assume une dimension participative et transgénérationnelle. Il vise à rendre visibles des patrimoines parfois intimes ou invisibles. Enfin, il esquisse la création d’un futur centre de ressources dédié au jazz.

Contribution : Amélie Claude

Chapitre 2 – Fabriquer un mythe avec de multiples représentations

Ce chapitre retrace l’histoire technique, industrielle et culturelle du disque, du cylindre au vinyle contemporain. Il montre comment les innovations (microsillon, stéréophonie, transistor) ont transformé l’écoute. Le jazz y occupe une place fondatrice dans la diffusion discographique. Les pochettes deviennent des supports artistiques et identitaires majeurs. L’évolution des labels et des studios modifie la production musicale. Le vinyle devient aussi outil créatif (DJ, hip-hop, remix). L’arrivée du CD puis du numérique bouleverse l’industrie. Malgré son déclin, le vinyle renaît comme objet culturel et sensible. Il incarne une expérience d’écoute incarnée face au streaming.

Contribution : Jean-François Braun

Chapitre 3 – Interroger les frontières et territoires de pratiques

Ce chapitre s’appuie sur une enquête régionale auprès de collectionneurs, disquaires et organisateurs. Il analyse les réseaux de circulation du vinyle (bourses, foires, plateformes, itinérance). Les entretiens révèlent le rôle des disquaires comme passeurs de mémoire. Le vinyle apparaît comme patrimoine vivant et espace de sociabilité. Les pratiques dépassent les frontières stylistiques. Le jazz y occupe une place de niche mais symboliquement forte. Une économie de proximité se dessine. Les bourses deviennent des lieux d’échange culturel plus que commerciaux. Le chapitre met en lumière un écosystème fragile mais dynamique.

Contributions : Pascal Gidon, Gilles Sagot, Gilles Garrigos

Chapitre 4 – Observer des pratiques ordinaires de grands amateurs

Ce chapitre propose une approche ethnographique des collectionneurs. Il explore les déclencheurs biographiques de la passion. L’espace domestique devient infrastructure culturelle (salon-musée, atelier-musique). Le rangement et le classement sont analysés comme gestes symboliques. Le vinyle est tour à tour objet d’écoute, de savoir, de création et de transmission. Les réseaux d’amitié et de don structurent ces pratiques. La figure du collectionneur est réhabilitée, loin des clichés. Une réflexion émerge sur la patrimonialisation institutionnelle. Le rôle potentiel d’un centre de ressources est interrogé.

Contributions : Cyrille Michaud

Chapitre 5 – Découvrir des passions en sillons

Ce chapitre approfondit l’ethnographie du vinyle comme expérience sensible. Il décrit la dimension quasi sacrée de l’objet. La quête du disque est comparée à une chasse au trésor. Collectionner oscille entre addiction, mémoire et construction identitaire. Le vinyle devient autoportrait et récit de vie. Les disquaires apparaissent comme médiateurs culturels. Nostalgie et transmission sont au cœur des pratiques. Plusieurs portraits de collectionneurs incarnent cette diversité. Le chapitre met en lumière une éthique du temps long et du partage.

Contributions : Jean-Paul Boutellier, Jeff Braun, Monsieur Carlitos, Bolly Cat, Laetitia Hernandez, Abalo Kolassiba, Pierre-Olivier Leclercq, Raphaël Macler (Raistlin), Jean-Paul Ricard, James Stewart.

Chapitre 6 – Participer à l’élaboration d’un processus de patrimonialisation

Ce chapitre décrit la mise en œuvre concrète du projet à travers différents lieux d’accueil régionaux. Il montre comment expositions, écoutes, visites et outils numériques participent à la médiation. Les playlists et captations prolongent l’expérience sensible. L’itinérance renforce la dimension territoriale et fédératrice. Les salons d’écoute créent des espaces de transmission vivante. Le projet articule recherche, création et valorisation. Il mobilise partenaires institutionnels et habitants. Le patrimoine se construit dans l’action collective.

Chapitre 7 – Mettre en exposition son panthéon

Ce chapitre analyse deux expositions thématiques : les femmes dans le jazz et Jazz Covers. L’objet vinyle devient support narratif et scénographique. L’exposition sur les femmes réinterroge l’histoire du jazz sous un angle réparateur. Elle met en lumière des figures invisibilisées. Jazz Covers valorise le graphisme et le collectionnisme. Les parcours muséographiques construisent un panthéon régional. L’exposition devient acte de patrimonialisation. Elle articule mémoire, esthétique et transmission.

Contributions : Guillaume Le Tallec, Jean-Paul Boutellier

Chapitre 8 – Inscrire sa démarche dans le temps passé, présent et futur

Ce chapitre s’appuie sur une table ronde et des entretiens professionnels. Il analyse les mutations du secteur jazz face au numérique. Les modèles économiques se fragmentent. Le live demeure pilier essentiel. Les labels doivent s’adapter à de nouvelles temporalités. Le vinyle reste minoritaire mais symboliquement central. La distribution indépendante apparaît fragile. Le rôle des disquaires est réaffirmé. Le jazz se reconfigure entre risques et opportunités.

Contributions : participants de la rencontre Labels, Pierre-Alexandre Gauthier

Chapitre 9 – Conclusion générale

La conclusion synthétise les apports du projet. Elle confirme que le vinyle constitue un prisme pertinent pour analyser la patrimonialisation du jazz. Le patrimoine se fabrique dans l’articulation entre intime et institutionnel. Les amateurs sont des acteurs essentiels de cette transmission. L’itinérance et la médiation renforcent la dynamique régionale. Le projet révèle un écosystème fragile mais engagé. Il ouvre la perspective d’un centre de ressources dédié. Plus largement, il réaffirme la dimension émancipatrice du jazz et de ses supports matériels.

Contribution : Mathieu Feryn

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